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Fou de manga, en quête d'un manga auquel vous pourriez accrocher ? Ou novice dans ce domaine, cherchant à vous repérer dans la jungle sauvage des animés ? Vous êtes à la bonne adresse ! Bonne chasse aux animés !

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Sukitte Ii Na Yo

Sukitte Ii Na Yo

 

Auteur : Kanae Hazuki

Studio d'animation : ZEXCS

Type d'animé : Shojo

Genre : Romance, drame

Année de diffusion : 2012 (manga en cours)

Nombre d'épisodes : 14 (fini)

 

Résumé :

Mei Tachibana est une lycéenne timide et réservée. Malgré tout, elle tape à l'oeil de Yamato Kurosawa, un garçon populaire de son lycée. Ils font connaissance et se rapprochent rapidement, confrontant leurs deux visions du monde très différentes.

 

Critique :

Assez banal par son intrigue de base, cet animé se distingue néanmoins du lot par ses très beaux graphismes. Les dessins sont vraiment un pur plaisir visuel, en tout cas personnellement j'adore le charadesign et les couleurs employées.

Dans un deuxième temps, les personnages, s'ils se basent sur des stéréotypes du shôjô (la fille timide qui n'est jamais sortie avec personne et le mec à meufs populaire qui n'a pourtant jamais connu l'amour), ont malgré tout plus de relief que de coutume dans les animés de romance.

En effet, ces derniers sont loin d'être parfaits : ils sont volages, mentent, trompent... En résumé, ils sont des jeunes normaux, avec leurs travers et leurs incertitudes. Ce souci de réalisme est malheureusement plutôt absent de la plupart des shôjôs à ma connaissance, et Sukitte Ii Na Yo se distingue nettement sur ce point. Ils sont humains, abordables, on s'identifie à eux à travers leurs défauts autant que leurs qualités.

Toujours dans un effort de réalisme, au lieu de faire piétiner l'évolution de la relation entre les deux protagonistes comme c'est le cas dans beaucoup d'animés, leur histoire se met rapidement en place. De plus, l'auteur ne s'encombre pas de la légendaire pudeur des Japonais : ça s'embrasse, ça fait du sexe, ça en parle. Et ça, c'est très chouette ! Dans la vraie vie, ce genre de choses fait partie du quotidien, et chez les lycéens en particulier c'est important parce que c'est pendant la période de l'adolescence qu'on découvre l'amour sous tous ses aspects. Et au milieu de toutes ces nouvelles sensations, les personnages sont un peu paumés, ils n'arrivent pas à savoir ce qui est bon ou non pour eux, et du coup ils font parfois, souvent, des erreurs.

Kurosawa est un parfait exemple de cet adolescent qui vit aux sensations et est un peu perdu dans sa vie malgré ce qu'il laisse transparaître. Sur le plan des relations romantiques, il a fait pas mal de choses sans en avoir vraiment envie, n'a pas trouvé de sens à ses relations et a par conséquent infligé du mal à plusieurs personnes sans le vouloir ni même s'en rendre réellement compte. Pour autant, Kurosawa n'est pas une mauvaise personne : il a beaucoup d'amis, il est plutôt honnête, plutôt altruiste, est d'un bon vivant, et c'est une crème avec Mei. En résumé, il est un jeune homme au caractère déjà affirmé mais qui n'a pas encore trouvé sa place dans le monde, qui se laisse encore porter par le courant, comme la plupart des gens à cet âge.

J'en viens à Mei. Contrairement aux autres personnages récurrents de l'animé, elle n'a jamais eu de relation et ne connaît rien à l'amour, ce qui n'est pas rare non plus parmi les lycéens. De par son caractère solitaire, elle ne fait partie d'aucun groupe d'amis en particulier, contrairement à Kurosawa qui est très populaire. Par conséquent, elle a développé une indépendance de caractère qui lui laisse la liberté de se comporter, s'habiller et parler comme elle veut - contrairement à Kurosawa qui est entraîné par la dynamique de son groupe d'amis et s'en fait influencer. Mais à cause de ça, elle se sent en décalage avec les autres élèves et a du mal à s'intégrer. Qui n'a pas déjà eu ce sentiment d'être dans un autre monde que les autres, au moins une fois pendant son adolescence ?

En plus de dépeindre des personnages réalistes, l'animé aborde des thèmes sérieux, en périphérie de l'histoire d'amour centrale : les effets néfastes que peut avoir une relation malsaine ou une rupture difficile, mais aussi le bodyshaming, l'anorexie et l'image de soi sont évoqués. Je pense en particulier à Aiko, qui rebute de prime abord à cause de son caractère exécrable et son antipathie à l'égard de Mei mais qui se révèle traîner un passé extrêmement douloureux derrière elle.

Ces thématiques demeurent néanmoins plus effleurées que réellement fouillées, le format court de l'animé (seulement quatorze épisodes) y étant probablement pour quelque chose.

 

Le traitement des personnages est donc très bon, autant sur le plan esthétique que sur le plan psychologique. 

Pour ce qui est de l'avancement de l'histoire, en revanche, je suis moins enthousiaste. Comme dit précédemment, les premiers épisodes connaissent un bon rythme et une progression efficace de l'intrigue. Néanmoins, plus on avance dans l'animé, plus cette dynamique s'essouffle.

Ce qui m'a le plus énervée, c'est l'attitude de Mei : alors qu'elle était intéressante au début de l'histoire, elle devient le principal frein à son avancée, de par son caractère de plus en plus coincé. Elle a beau s'ouvrir peu à peu aux autres, avec Kurosawa c'est le contraire : plus ça va, moins elle est active. Non seulement c'est très frustrant pour le spectateur, mais en plus ça enlève considérablement à ce réalisme que j'ai tant apprécié dans un premier temps. Mei balance du côté des héroïnes de shôjô prudes et chastes jusqu'à la mort, et les constants va-et-vient mélodramatiques de sa relation avec Kurosawa sont rapidement lassants, d'une part parce qu'on a déjà vu ça un millier de fois dans d'autres shôjôs et d'autre part parce qu'on ne s'identifie plus du tout à Mei.

Ce ralentissement progressif de l'intrigue provoque deux impressions chez le spectateur : premièrement, l'animé laisse clairement sur sa faim. Personnellement, vu comment l'histoire avait commencé, je pensais que nous aurions réellement droit à la vie en couple de Mei et Kurosawa, avec ses hauts et ses bas, son évolution, etc. En plus de ça, du point de vue de Mei qui n'y connaît rien, ça aurait pu être vachement intéressant ! Elle sort avec un garçon beaucoup plus expérimenté qu'elle, ce qui est la source de certaines craintes venant naturellement s'ajouter à celles que l'on a déjà lorsqu'on vit sa première relation. Pour l'identification au personnage, on aurait été servis ! À la place de cela, et malgré le fait qu'après seulement quelques épisodes les protagonistes se mettent à sortir ensemble, je garde très peu de souvenirs de vraies scènes de couple "du quotidien" (des scènes anecdotiques qui auraient montré la relation entre les deux). En revanche, Mei passe son temps à rejeter Kurosawa, par manque de confiance en lui et en elle-même. La confiance étant un pilier de toute relation, c'est assez problématique. C'est à croire qu'ils ne sortent même pas ensemble. Pareil pour le côté physique, qui est aussi important dans une relation, ça va limite à reculons. Je ne développe pas pour ne pas spoiler mais constatez pas vous-mêmes.

Deuxièmement, du fait de la relation entre les personnages qui n'avance plus, l'animé perd tout simplement son intérêt. Il a beau aborder des thèmes intéressants comme développé plus haut, son intrigue principale demeure tout de même l'histoire d'amour entre Mei et Kurosawa. Si celle-ci piétine, bah nous les spectateurs on s'ennuie.

Et enfin, il ne faut pas oublier que l'animé se base sur la scène extrêmement clichée du mec ultra populaire qui flashe sur la fille la moins remarquée de tout le lycée. C'est le genre de situation qui n'arrive presque que dans les fictions et personnellement c'est ce qui m'a dissuadée de poursuivre la première fois que j'ai essayé cet animé - même si finalement, comme exposé plus haut, l'histoire arrive à exploiter cette différence entre les deux personnages et à couvrir une palette plus grande des problématiques adolescentes.

 

Sukitte Ii Na Yo est donc un animé d'une qualité graphique irréprochable, qui raconte une histoire somme toute assez banale mais avec une approche originale de par son souci de réalisme. Néanmoins, il s'essouffle vers la fin et perd de son intérêt, au point que personnellement, au bout d'un moment, je n'avais qu'une hâte : qu'il finisse. C'est donc dommage, mais je pense qu'il vaut malgré tout le coup d'oeil.

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Mei et Kurosawa (source : nautiljon.com)

Mei et Kurosawa (source : nautiljon.com)

Sukitte Ii Na Yo - opening 1

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