Fou de manga, en quête d'un manga auquel vous pourriez accrocher ? Ou novice dans ce domaine, cherchant à vous repérer dans la jungle sauvage des animés ? Vous êtes à la bonne adresse ! Bonne chasse aux animés !
Tokyo Ghoul
Auteur : Sui Ishida
Studio d'animation : Pierrot
Type de manga : Seinen
Genre : Action, fantasy urbaine, drame, psychologie, horreur
Année de diffusion : 2014 (saison 1) - 2015 (saison 2)
Nombre d'épisode : 24
Résumé :
À Tokyo, des êtres mangeurs d'humains sont apparus : les goules. Un jour, un jeune lycée du nom de Ken Kaneki se fait attaquer par l'une d'elles, qui meurt presque simultanément dans un accident. Kaneki survit miraculeusement grâce à une opération in-extremis, au cours de laquelle les médecins lui greffent un organe de la goule.
Bien vite, Kaneki constate qu'il ne peut plus s'alimenter comme tout le monde : la nourriture lui est insupportable et il réagit à l'appel du sang humain. Il est devenu une demi-goule.
Le garçon se retrouve donc plongé malgré lui dans l'univers sombre et sans pitié des goules, qui vivent chacune pour leur peau et s'opposent en outre au Centre de Contrôle des Goules, une organisation gouvernementale qui traque ces êtres de l'ombre.
Critique :
Aujourd'hui, on s'attaque à un gros morceau !
Alors, je tiens à préciser deux choses avant de commencer : je n'ai vu que l'animé, je n'ai pas lu le manga (du moins pas en entier, j'ai seulement lu les premiers tomes, ce n'est pas suffisant pour se faire une idée d'ensemble) ; et je n'ai vu que la saison 1 de l'oeuvre. Ma critique sera donc très partielle ! Mais je la fais quand même parce que je fais ce que je veux.
J'ai commencé l'animé suite à la lecture d'un sneak peek du manga que m'avait prêté un pote. En effet, l'histoire commence avec fracas, avec un univers très accrocheur, une mise en scène badass et une bonne intrigue.
Ce qu'ajoute l'animé au manga, et là-dessus tout le monde ayant eu l'occasion de comparer les deux est d'accord, c'est la qualité visuelle : autant le manga est assez moyen en terme de dessins, autant le design dans l'animé est propre et soigné. De mémoire, l'animation est assez fluide aussi.
Il est possible de se demander pour quelles raisons Tokyo Ghoul a fait tellement de bruit lors de sa sortie et est toujours aussi en vogue, deux ans après la fin de son émission. Déjà, de toute évidence, les points forts que j'ai évoqués plus haut y sont pour beaucoup : le début haut en couleurs met l'eau à la bouche et l'univers dark et urbain qu'il propose, c'est très prisé en ce moment.
En effet, les goules ont toutes des caractéristiques physiques et des styles différents. Du coup, un peu comme dans un nekketsu, on frétille de joie à chaque apparition d'un nouveau personnage parce qu'on se demande ce qu'il nous réserve comme surprises. De plus, les goules se battant sans cesse entre elles pour défendre leur territoire et leur gibier, les combats entre elles sont fréquents et variés. Les goules sont des êtres cruels, elles n'hésitent pas à aller très loin pour terrasser leur adversaire. Et ça, le public aime (en tout cas moi j'aime bien, c'est grave docteur ?).
Ce qui est également intéressant dans cet animé, c'est la diversité des camps : les humains normaux et innocents, qui vivent parfois en présence de goules sans le savoir ; les différents repaires de goules qui se sont rassemblées pour être plus fortes, et qui n'ont pas la même manière de procéder (certaines érigent la chasse à l'humain au statut de jeu sans pitié et malsain, d'autres tentent de maîtriser leurs pulsions comme la communauté du café qu'intègre Kaneki, etc.) ; le CCG, qui protège la population humaine et se montre impitoyable avec les goules ; l'Arbre Aogiri... Par conséquent, on se retrouve avec une constellation d'alliances et de rivalités bien exploitable.
Là où ça devient particulièrement excitant, c'est que Kaneki, notre héros, se retrouve dès le premier épisode coincé entre les deux camps principaux de l'histoire : les humains et les goules. Unique en son genre, il appartient un peu à chacun des deux peuples mais n'a vraiment sa place dans aucun des deux. Du coup, on suit au long de l'histoire son combat pour se faire accepter par les goules tout en gardant des liens avec sa vie humaine passée. Mais Kaneki, qui n'a jamais désiré son état de demi-goule et qui se retrouve malgré lui plongé dans ce monde chaotique, se bat également contre sa propre nature et remet en question les agissements de chacun des deux camps.
À cause de cette position particulière, Kaneki va finalement se frotter à tous les camps possibles de l'histoire, ces changements de position s'accompagnant d'idéaux et d'amis qui varient également. Néanmoins, ce qui change le plus, c'est le caractère de Kaneki.
Garçon timide et plutôt introverti au début de l'histoire, il est obligé par la force des choses à s'endurcir au fil des épisodes, durant lesquels il voit et vit sans cesse des actes de cruauté inouïe. C'est à croire que tout le monde s'acharne à le briser psychologiquement, ennemis comme alliés.
Les autres personnages récurrents de l'histoire sont assez intéressants aussi, ils traînent pour la plupart un sale passé derrière eux et sont loin d'être des angelots. Je ne vais pas m'étendre plus sur le sujet parce que je sais que certains personnages secondaires sont beaucoup plus développés dans la saison 2 et que je ne veux par conséquent pas dire de bêtises à leur propos, et aussi parce que mon visionnage de l'animé date et que comme souvent, j'ai gardé assez peu de souvenirs d'eux.
Nous avons donc vu les points forts de l'animé, ceux qui ont, d'après moi, fait le succès immense de Tokyo Ghoul ; ajoutons comme dernier élément le premier opening cultissime qui me sort par les trous de nez tellement je l'ai entendu et que tous les gens qui regardent un peu des animés ont dû entendre au moins une fois dans leur vie.
Passons maintenant aux raisons pour lesquelles je n'ai pas réussi à accrocher à cette oeuvre.
Pour commencer, et ça c'est un point sur lequel beaucoup de gens sont d'accord, l'animé a été très mal géré. Autant son charadesign est une véritable plus-value comparé au manga, autant l'animé s'est complètement planté sur l'histoire. Le format de chaque saison étant de 12 épisodes, ce qui est conventionnel mais court, l'histoire a été complètement condensée dans la première saison. Beaucoup de passages du manga ont été coupés lors de la réalisation de l'animé, notamment certains éléments de l'intrigue non négligeables. C'est au point que vers la fin de la saison, qui souffre particulièrement de cette sélection, l'histoire devient à la limite du compréhensible : des événements arrivent brutalement et sans plus d'explications, des revirements de situations ont lieu de manière totalement injustifiée. En tant que pure spectatrice n'ayant pas lu le manga, il y a eu énormément de choses que je n'ai pas comprises, en particulier dans les deux-trois derniers épisodes qui regorgeaient de scènes certes prenantes, mais dans lesquelles je n'ai pas pu m'immerger parce que j'étais juste en mode "Pourquoiiiiiii ?" pendant toute leur durée. C'est même une amie qui a dû m'expliquer le final, c'est vous dire. Et même maintenant je reste très dubitative, parce qu'une coupe aussi monumentale de l'intrigue n'est juste pas gérable.
C'est pour cette raison que je n'ai pas regardé la saison 2 : j'étais tellement dégoûtée de cette histoire montée à la va-vite que je n'ai pas voulu pousser l'aventure plus loin (surtout que ce que j'ai entendu de la deuxième saison n'a pas arrangé mon jugement). C'est presque à croire que les réalisateurs ont voulu animer certains extraits du manga pour montrer ce que c'était et inciter les gens à aller le lire. Et ça, ce n'est pas un animé, c'est une bande-annonce.
Le deuxième point qui m'a fait grincer des dents, eh bien c'est Kaneki. Il est typiquement l'anti-héros un peu mou du genou qui, se retrouvant malgré lui avec des pouvoirs surpuissants et dans un univers hostile, va devoir s'adapter et devenir plus fort pour survivre. On l'a vu une kyrielle de fois, ce personnage principal, et parfois ça passe, parfois ça casse. Kaneki, lui... il passe moyennement. D'un côté, il cristallise ce conflit entre humains et goules, et il a, dans un premier temps, la volonté de se battre contre sa nature de goule. Et ça, c'est bien ! Il s'enveloppe de problématiques très intéressantes et il donne du relief à l'intrigue qui, exception faite de ça, est certes complexe mais assez bourrine (en gros, plus c'est cruel, mieux c'est) et peu novatrice (des créatures de l'ombre qui s'opposent aux humains tout en multipliant les camps, ça a déjà été revisité un nombre incalculable de fois).
Cependant, je n'ai pas été convaincue par le caractère de Kaneki. Il est, au début, assez pleurnichard, ce qui est certes compréhensible (à sa place je me chierais dessus) mais un peu énervant. Et surtout, j'ai en fait l'impression qu'il n'a pas de caractère à proprement parler. Les changements de personnalité fréquents, et pour certains radicaux, que j'ai évoqués plus haut et qui surviennent suite à des événements traumatisants, ont sans doute été imaginés de manière à montrer à quel point l'environnement et les circonstances peuvent changer un être ; mais finalement, ça fait de Kaneki une girouette totale dont on ne connaît pas l'essence profonde. L'histoire nous présente un individu qui, d'effacé, faiblard et gentil, passe soudain à badass et sans pitié, en l'espace d'à peine un ou deux épisodes. Comment le spectateur est-il censé croire à un changement aussi brutal ? Et comment peut-il s'identifier à un personnage principal au caractère si volatile ?
Les changements de caractère liés à un traumatisme ne sont pas rares dans les animés d'action ; je pense notammentà Reiji dans Phantom: Requiem for the Phantom. Reiji, à l'instar de Kaneki, évolue contre son gré dans un univers corrompu contre lequel il ne peut pas lutter et qui, malgré sa résistance, finit par le transformer profondément à cause d'un événement tragique qui a raison de toute son opposition. Mais là, le changement est d'une part moins brutal, et d'autre part il ne vient qu'ajouter de la finesse au personnage de Reiji, qui ne connaît pas une totale schizophrénie et agit plus de manière à oublier son passé traumatisant plutôt que par réelle conviction. Chez Kaneki, si ses virevoltes sont certes justifiées, elles trahissent aussi chez lui une certaine inconstance qui n'est pourtant pas un trait de caractère volontairement mis en avant par l'auteur de l'oeuvre. De plus, pour ce qui est du plus gros changement qui marque la fin de la première saison, personnellement, j'y ai vu avant tout du fan service (on va pas se mentir, le nouveau chara design ainsi que la personnalité trop d4rk, ça attire du lectorat). Cela étant dit, je ne peux pas appuyer mes mots de la seconde saison, qui fouille sans nul doute beaucoup plus cette nouvelle personnalité ; je ne sais pas du tout comment c'est traité et j'aventure donc peut-être mon jugement trop loin.
Maintenant que ces deux grosses ombres au tableau ont été pointées, je ne peux qu'ajouter que c'est essentiellement une impression générale qui m'a peu enthousiasmée pour cet animé. Je sais pas trop comment le décrire et en plus de ça j'ai regardé l'animé il y a trop longtemps pour me souvenir de tous les détails, mais c'est comme ça, certains animés ont beau avoir des qualités, je n'arrive pas à me passionner pour eux.
Cette critique s'est faite longue mais je pense être arrivée à sa fin. En résumé, j'estime que Tokyo Ghoul est un bon animé d'action, avec un concept qui marche, et quelques questions de fond sur l'identité et l'appartenance à un groupe relativement bien abordées qui apportent de la profondeur à l'histoire ; néanmoins, l'animé en lui-même est bancal et incomplet ; quant à l'histoire, elle a quelques brèches. Au final, je vais vous conseiller précisément ce qu'a cherché à encourager l'animé : allez lire le manga.
Tokyo Ghoul - opening 1 (je n'ai pas réussi à trouver l'animation originale)