Fou de manga, en quête d'un manga auquel vous pourriez accrocher ? Ou novice dans ce domaine, cherchant à vous repérer dans la jungle sauvage des animés ? Vous êtes à la bonne adresse ! Bonne chasse aux animés !
Dieu égaré
Auteur : Adachitoka
Type d'animé : shônen
Genre : fantasy urbaine, action, comédie
Années de diffusion : 2014-2015
Nombre d'épisodes : 12 + 13 + 5 OAV
Synopsis :
Dans le Japon moderne, les humains consacrent des temples et leurs prières aux dieux, qui exaucent leurs vœux en retour et chassent les démons, invisibles aux yeux des humains mais destructeurs sur leur passage.
Yato, cependant, est un dieu mineur négligé et oublié de tous. Il tente de se faire une réputation en exauçant des vœux contre une maigre rétribution, sans grand succès.
Sa vie bascule le jour où Iki Hiyori, une jeune humaine, se sacrifie pour le sauver d'un accident de la route et devient par conséquent une demi-ayakashi, c'est-à-dire un demi-esprit. Afin de retrouver sa forme humaine, Hiyori décide d'aider Yato à reprendre du poil de la bête, afin qu'en échange, celui-ci la libère de sa nouvelle nature.
Critique :
Noragami a connu un grand succès dès sa sortie en animé et s'est rapidement classé parmi les références shônen. On va décortiquer ensemble la recette de sa réussite.
Tout d'abord, le personnage de Yato est un énorme atout de l'animé, dont ce dernier joue d'ailleurs beaucoup. En effet, Yato est aux antipodes de l'idée que l'on se fait d'un dieu : négligé, égoïste, mal sapé et sans la moindre once de charisme, il est non seulement l'anti-divinité, mais aussi l'anti-héros par excellence. Le contraste entre ce que Yato est supposé incarner et ce qu'il est vraiment est la clé de voûte de l'animé et il tient tout à fait la route.
Mais ce qui sublime le personnage de Yato, c'est qu'il connaît une réelle évolution à travers l'animé. Sans perdre de ses traits fondamentaux, il traverse un parcours tangible au cours de l'histoire, qui le rend plus humain que jamais.
Dans la continuité logique de ce choix scénaristique, l'animé table beaucoup sur l'humour, qui a complètement fait mouche chez moi.
Cela étant dit, l'animé n'est pas que drôle et on voit petit à petit se dégager une trame plus complexe et sombre, avec en filigrane des éléments du passé de Yato. On en apprend plus au compte-goutte, mais suffisamment pour nous tenir en haleine.
Passé tout cela, ce qui m'a personnellement le plus plu dans cet animé est le personnage de Yukine et toutes les problématiques qu'il rassemble. À la fois attachant par son adolescence pleine de questions et repoussant par ses travers de plus en plus disproportionnés, il est le personnage dont la psychologie est la plus fouillée dès la première saison. Son développement au cours du premier volet m'a énormément plu. Il met en scène la manière dont les démons peuvent s'infiltrer dans les cœurs humains. Le cheminement qu'il connaît est extrêmement bien retracé par l'animé, notamment à travers sa relation avec Hiyori.
De même, la relation que Yukine entretient avec Yato est superbement présentée. On s'identifie très facilement au sentiment d'injustice que ressent Yukine face à la dureté et la négligence dont Yato fait preuve à son égard, mais on devine aussi la maladresse de Yato, qui l'a poussé vers l'échec plusieurs fois avant de rencontrer Yukine et qui le paralyse aussi dans sa relation avec le garçon.
La dernière protagoniste de Noragami, Hiyori, complète parfaitement le tableau : très attachante, elle représente l'héroïne type face aux deux garçons qui, eux, sont pétris de vices. Courageuse, pleine de caractère et dévouée, elle représente également les yeux des spectateurs, qui découvrent en même temps qu'elle le monde des esprits.
Le trio des protagonistes est très équilibré et l'animé consacre une grande partie de son temps à développer les liens entre eux. Ce qui était une harmonie fragile dans la saison 1 se cimente par la suite.
En bref, à mes yeux, la réussite principale de Noragami se concentre dans la relation entre ces personnages.
Mais ce n'est pas tout : bien que concentré essentiellement sur ce trio gagnant, l'histoire introduit des personnages secondaires charismatiques et très bien exploités. Ils sont intéressants, complexes et permettent d'en découvrir plus sur le passé, encore obscur, de Yato.
À travers ces autres personnages, on explore différents aspects de la divinité, parfois aux antipodes de la philosophie de Yato. Ce dernier et Bishamonten, par exemple, sont les opposés parfaits mais sont tout aussi crédibles l'un que l'autre.
Enfin, l'animé enveloppe son intrigue dans un packaging audiovisuel de qualité : les openings se distinguent particulièrement, tandis que les graphismes, de même que l'animation, sont très soignés.
En résumé, Noragami est à mon sens une totale réussite du shônen et mérite tout à fait sa réputation ; j'attends avec impatience une saison 3 !
Noragami - opening 1